Capitulum I — Imperium Rōmānum
Le premier chapitre de Familia Romana te fait survoler la carte de l'Empire : des provinces, des fleuves, des îles, des villes. Derrière cette géographie, Ørberg installe déjà trois mécanismes fondamentaux. Les voici, noir sur blanc.
Le nominatif : le cas du sujet (et de l'attribut)
En latin, la fonction d'un mot se lit dans sa terminaison, pas dans sa position. Le nominatif est le cas du sujet — ce dont on parle — et de l'attribut — ce qu'on en dit à travers le verbe esse :
Dānuvius fluvius magnus est. — Le Danube est un grand fleuve.
Dānuvius (sujet), fluvius (attribut) et magnus (épithète de l'attribut) sont tous au nominatif. Dans ce chapitre, tu ne rencontres que des nominatifs — et, au détour des tournures en in, quelques ablatifs (voir l'encart plus bas).
Singulier et pluriel : trois familles de finales
Le chapitre fait travailler trois modèles, qu'il vaut la peine de mémoriser comme trois colonnes :
| singulier | pluriel | |
|---|---|---|
| féminins en -a (1re décl.) | īnsula | īnsulae |
| masculins en -us (2e décl.) | fluvius | fluviī |
| neutres en -um (2e décl.) | oppidum | oppida |
Trois pièges classiques :
- Le pluriel neutre -a ressemble au singulier féminin : oppida est un pluriel (« des villes »), pas un féminin singulier.
- Le -ae du pluriel se prononce comme une diphtongue (īnsulae), le -ī du pluriel est long (fluviī).
- Les macrons comptent : Eurōpa (nominatif) et Eurōpā (ablatif, après in) ne sont pas la même forme.
est / sunt
Le verbe s'accorde en nombre avec son sujet :
Corsica īnsula est. — La Corse est une île. Rhēnus et Dānuvius fluviī sunt. — Le Rhin et le Danube sont des fleuves.
Deux sujets coordonnés par et valent un pluriel : donc sunt. Tu verras aussi est/sunt en tête de phrase au sens de « il y a » : In Galliā sunt multa oppida.
magnus, magna, magnum : première rencontre avec le genre
L'adjectif s'accorde avec son nom : fluvius magnus (masculin), īnsula magna (féminin), oppidum magnum (neutre). Le chapitre te fait simplement observer ces trois finales ; le système complet des genres arrive au chapitre II. Retiens le réflexe : la finale de l'adjectif suit celle du nom.
Poser une question
- -ne, collé au premier mot, transforme la phrase en question ouverte : Est*ne Sardinia īnsula?* — réponse oui ou non.
- num annonce une réponse négative : Num Rōma in Galliā est? (« Rome n'est tout de même pas en Gaule ? ») — Nōn est.
- ubi demande le lieu : Ubi est Nīlus?
- quid demande une définition : Quid est prōvincia?
Litterae et numerī
La troisième partie du chapitre (LITTERAE ET NVMERI) t'apprend à parler du latin… en latin :
- Les nombres : ūnus (I), duo (II), trēs (III), sex (VI), mīlle (M). Les chiffres romains sont donnés en marge du livre. Les ordinaux prīmus, secundus, tertius servent à numéroter : capitulum prīmum, syllaba secunda.
- La métalangue : littera (une lettre), syllaba (une syllabe), vocābulum (un mot), numerus (un nombre), capitulum (un chapitre), exemplum (un exemple), pēnsum (l'exercice de fin de chapitre). Ce sont les mots avec lesquels le livre, tout en latin, parlera désormais de lui-même — apprends-les tout de suite, tu les reverras à chaque page.
- La section GRAMMATICA LATINA introduit les termes singulāris et plūrālis — dans l'usage du livre, des substantifs masculins (singulāris = le singulier).
Encart : in + ablatif
Quand tu lis in Italiā, in Āfricā, in imperiō Rōmānō, le nom qui suit in porte la marque de l'ablatif (-ā long, -ō long). Contente-toi pour l'instant de reconnaître cette tournure qui répond à la question ubi? : la déclinaison complète viendra en son temps. Ne confonds pas Italia (sujet) et in Italiā (complément de lieu).
À retenir en une ligne : sujet et attribut au nominatif ; -a/-ae, -us/-ī, -um/-a ; un sujet → est, plusieurs → sunt.