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Capitulum XV

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Grammatica Capitulum XV · Magister et discipulī

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Le chapitre de l'école : le maître, les élèves, la chaise et la baguette. Mais la vraie nouveauté n'est pas le décor — c'est que le verbe latin cesse enfin d'être borgne. Jusqu'ici le livre parlait presque toujours à la troisième personne ; ici le tableau se ferme, et avec lui arrivent les mots pour dire nous et vous.

1. Le présent aux six personnes

Les finales sont les mêmes pour les quatre conjugaisons :

je recitō je récite
-s tu recitās tu récites
-t il, elle recitat il récite
-mus nous recitāmus nous récitons
-tis vous recitātis vous récitez
-nt ils, elles recitant ils récitent

Et esse, l'irrégulier, en entier :

sum, es, est, sumus, estis, sunt

1 bis. Et posse, qui est esse avec pot- devant

Le capitulum X ne vous avait donné que potest et possunt. Le tableau se ferme ici :

singulier pluriel
1re possum je peux possumus nous pouvons
2e potes tu peux potestis vous pouvez
3e potest il peut possunt ils peuvent

Une seule règle explique tout : on colle pot- devant esse, et le t devient s quand esse commence par s.

  • pot + sumpossum · pot + sumuspossumus · pot + suntpossunt
  • pot + espotes · pot + estpotest · pot + estispotestis

Comme licet, posse appelle un infinitif derrière lui : recitāre nōn possum, je ne peux pas réciter. Mais les deux ne disent pas la même chose — posse dit ce dont on est capable, licet ce qui est permis.

2. nōs, vōs — et pourquoi on ne les écrit pas

Le latin reçoit ici ses pronoms au complet :

je / nous tu / vous
sujet egonōs vōs
complément nōs vōs
à qui mihinōbīs tibivōbīs

Le capitulum III n'avait donné que et ; le XIV, mihi et tibi. Le tableau est maintenant complet.

Mais on ne les écrit presque jamais. Recitāmus ne peut signifier que « nous récitons » : la finale suffit, et le pronom n'ajoute rien. On ne l'écrit que pour opposer :

  • Ego recitō, tacēs. — deux pronoms écrits côte à côte : chacun désigne l'un des deux camps, et c'est leur face-à-face qui les rend utiles.
  • Vōs discipulī estis. — celui qui parle se met hors du groupe qu'il nomme.

C'est un accent, pas une béquille.

3. Les quatre mots qui accrochent une phrase à une autre

C'est ici que la phrase latine cesse d'être une phrase simple.

  • — si : sī tacētis, magister nōn īrātus est.
  • nisi — si… ne pas, sauf. C'est ne + , et il perd le macron : nisi tacētis, magister īrātus est.
  • at — mais en revanche. Il se met en tête de sa phrase et oppose deux personnes ou deux camps : Titus recitat, at Līvia tacet. À distinguer de sed (cap. I), qui corrige ce qu'on vient de dire au lieu d'opposer deux camps.
  • antequam — avant que. Fait d'ante et de quam, tous deux du capitulum VI : antequam magister venit, puerī clāmant.

4. licet, le verbe sans sujet

Rien ne fait l'action. Deux mots l'accompagnent toujours :

  • la personne concernée, à qui la chose est permise : mihi, tibi, nōbīs, vōbīs ;
  • ce qui est permis, sous forme d'infinitif.

Nōbīs cantāre licet. — il nous est permis de chanter.

Ne cherchez pas le sujet : il n'y en a pas, et le verbe n'en demande pas.

5. Des comparatifs qui disent l'ordre et la place

Le capitulum XII comparait des qualités (longior, brevior). Ici, trois comparatifs ordonnent ou situent :

  • prior, prius — le premier de deux, l'antérieur : liber prior, le premier des deux livres ;
  • posterior, posterius — celui de derrière : sellae posteriōrēs, les chaises du fond ;
  • īnferior, īnferius — celui du dessous : sella īnferior, le siège du bas.

prior est un vrai comparatif sans positif : aucune forme simple n'existe. posterior et īnferior se rattachent à des positifs anciens, mais le cours ne sert ici que leurs comparatifs. Tous trois se déclinent sur le même modèle : prior, priōrem, priōre comme posterior, posteriōrem, posteriōre.

6. domī, à la maison

domī dit « à la maison » sans préposition. C'est le locatif du capitulum VI, celui de Rōmae : le latin ne le garde que pour une poignée de mots, et domī est le plus courant d'entre eux.

7. Deux paires de verbes à ne pas confondre

  • cōnsīdere est un mouvement : on cōnsīdit pour se retrouver assis. sedēre (cap. XI) est un état : on sedet parce qu'on l'est déjà.
  • tacēre (cap. IV) est l'acte de se taire ; tacitus est l'état qui en résulte — exactement comme aperīre et apertus au capitulum XIV. Puerī tacent, deinde tacitī sunt.

Et deux composés transparents : exclāmāre est ex- + clāmāre (cap. VIII), le cri qui sort ; reddere est re- + dare (cap. VII), rendre ce qu'on a pris.

dēsinere appelle un infinitif derrière lui, comme solēre au capitulum XIV : rīdēre dēsinunt, ils cessent de rire.

Pièges d'écriture

  • malum « le mal » a l'a bref. Trois mots se ressemblent et ne se confondent pas : mālum « la pomme » (ā long, cap. VII), malus -a -um « mauvais » (cap. VI), et ce malum neutre.
  • vērum est un nom — « le vrai, la vérité » — à côté de l'adjectif vērus, vēra, vērum. Le livre en fait deux entrées, comme il l'avait fait de sōlum et sōlus.
  • porte un ī long, mais nisi n'a aucun macron.
  • magister, magistrī : le radical est magistr-, et le -e- du nominatif ne revient nulle part — comme puer, puerī (cap. II).
  • redīre garde l'irrégularité d'īre : redit sans macron, mais redīmus, redītis, redīre avec. Il copie exactement exīre (cap. VII).
  • lectulus est le diminutif de lectus (cap. X), comme sacculus l'était de saccus.
  • lūdus signifie à la fois le jeu et l'école. Le latin a nommé l'école du nom du temps libre.
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