Capitulum II — Familia Rōmāna
Après la carte de l'Empire, on pousse la porte d'une maison : un père, une mère, des enfants — et des esclaves, car la familia romaine désigne toute la maisonnée, esclaves compris. Sous cette scène domestique, le chapitre installe deux grands mécanismes : les trois genres reçoivent leurs noms, et un nouveau cas apparaît, le génitif.
Les trois genres : masculīnum, fēminīnum, neutrum
Le chapitre baptise ce que tu observais depuis le début — et il le fait en latin : masculīnum (m), fēminīnum (f), neutrum (n). Chaque nom a un genre fixe, lisible le plus souvent sur sa finale :
| genre | finale type | exemples |
|---|---|---|
| masculin | -us (parfois -r) | servus, dominus ; vir, puer, liber |
| féminin | -a | fēmina, puella, ancilla |
| neutre | -um | oppidum, vocābulum, neutrum |
Retiens les trois masculins en -r : vir (l'homme), puer (le garçon), liber (le livre). Ils se déclinent comme servus, mais leur nominatif n'a pas de -us.
Au passage : le livre écrit genetīvus, avec un e — c'est la graphie que nous suivons partout.
Le génitif : dire à qui c'est
Le génitif est le cas du possesseur ; il répond à la question cuius? (« de qui ? ») et se place à côté du nom qu'il complète :
Līvia fīlia Cornēliī est. — Livia est la fille de Cornélius. Lȳdia ancilla dominae est. — Lydia est la servante de la maîtresse.
Les finales des deux premières déclinaisons :
| gén. singulier | gén. pluriel | |
|---|---|---|
| 1re décl. (-a) | ancillae | ancillārum |
| 2e décl. (-us, -um) | servī | servōrum |
Deux finales sont ambiguës — c'est le contexte qui tranche :
- -ae = génitif singulier ou nominatif pluriel : fīlia dominae (« la fille de la maîtresse ») mais dominae sunt (« ce sont des maîtresses ») ;
- -ī = génitif singulier ou nominatif pluriel masculin : liber puerī (« le livre du garçon ») mais puerī sunt (« ce sont des garçons »).
Le livre te donne aussi une équivalence à mémoriser : magnus numerus + génitif pluriel ≈ multī — magnus numerus servōrum = multī servī ; de même parvus numerus ≈ paucī.
Le piège du chapitre : liber, librī (i bref, le livre, avec chute du e : librī, librōrum) n'est pas līberī, līberōrum (ī longs, les enfants, pluriel seulement). Les macrons font tout le travail.
quis, quae, cuius, quot : interroger
Le pronom interrogatif s'accorde avec la réponse attendue :
| on demande | forme | exemple |
|---|---|---|
| un homme | quis? | Quis est pater puerī? |
| une femme | quae? | Quae est māter puellae? |
| plusieurs hommes | quī? | Quī sunt fīliī dominī? |
| le possesseur | cuius? | Cuius liber est? — Titī. |
| un nombre | quot? | Quot līberī sunt? — Duo. |
Remarque la réponse à cuius? : un génitif seul suffit (Titī — « celui de Titus »). Quot est invariable et appelle un numéral en réponse.
meus et tuus
Les possessifs meus (« mon ») et tuus (« ton ») se déclinent et s'accordent exactement comme magnus -a -um : dominus meus, domina mea, oppidum meum ; Ubi est pater tuus? Le possesseur, c'est la personne qui parle (meus) ou à qui l'on parle (tuus) — l'accord, lui, suit le nom possédé.
duo, duae, duo — trēs, tria — centum
Les petits numéraux s'accordent en genre :
| avec un masculin | avec un féminin | avec un neutre |
|---|---|---|
| duo puerī | duae puellae | duo oppida |
| trēs puerī | trēs puellae | tria oppida |
Centum (100), lui, est invariable : centum servī, centum ancillae, centum oppida.
-que : le « et » enclitique
-que, collé à la fin d'un mot, coordonne ce mot avec le précédent — il équivaut à et placé devant :
Titus Līviaque = Titus et Līvia.
Comme -ne au chapitre I, -que ne peut pas vivre seul : il s'accroche toujours au second terme de la paire.
À retenir en une ligne : trois genres (-us/-r, -a, -um) ; possesseur au génitif (-ae/-ārum, -ī/-ōrum) ; quis/quae/cuius/quot pour interroger ; liber ≠ līberī ; X Y-que = X et Y.