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Capitulum XX

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Grammatica Capitulum XX · Parentēs

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Jusqu'ici, une phrase latine ne pouvait parler que de ce qui a lieu. Ce chapitre lui donne un second temps, et avec lui le droit de parler de ce qui n'est pas encore.

Acquis complété : le chapitre ouvre maintenant le présent entier de vellevolō, vīs, vult, volumus, vultis, volunt. Les quatre formes qui manquaient au capitulum X sont exercées dans l'unité 2.

1. Le futur : deux formations pour un seul temps

Ce qui décide n'est ni le sens ni la personne, mais la famille du verbe.

Première et deuxième conjugaisons — un -b- :

portābō je porterai
portābis tu porteras
portābit il portera
portābimus nous porterons
portābitis vous porterez
portābunt ils porteront

De même carēbō, carēbis, carēbit pour la deuxième.

**Troisième et quatrième conjugaisons — aucun -b-, mais un -a- puis un -ē-** :

alam je nourrirai
alēs tu nourriras
alet il nourrira
alēmus, alētis, alent

De même audiam, audiēs, audiet pour la quatrième.

2. Le piège du chapitre : une seule voyelle

présent futur
alit — il nourrit alet — il nourrira
audit — il entend audiet — il entendra
dīcit — il dit dīcet — il dira

Le latin ne prévient pas. C'est la finale qu'il faut lire, et rien d'autre.

3. Les trois irréguliers

  • esse : erō, eris, erit, erimus, eritis, erunt — ni -b-, ni -ē-.
  • posse : poterō, poteris, poterit… — c'est erō avec pot- devant.
  • īre : ībō, ībis, ībit, ībimus, ībitis, ībunt — il n'est d'aucune des quatre familles, et pourtant il emprunte le -b- des deux premières. Ses composés le suivent : redībō, exībō.

4. Le futur passif

Rien de neuf : la marque du futur se place comme à l'actif, et les finales sont celles du capitulum VI.

portābitur, portābunturalētur, alentur

La deuxième personne du singulier prend -beris ou -ēris : portāberis, alēris.

5. L'ordre négatif : nōlī, nōlīte

Le latin n'interdit pas en niant un ordre. On ne dit jamais *nōn tacē. On ordonne de refuser, puis on nomme l'action à l'infinitif :

Nōlī tacēre. — défense de se taire, dit à une seule personne (littéralement : « refuser de se taire ») Nōlīte abīre. — ne partez pas

Deux mots, toujours, et une seule chose bouge : le premier, selon qu'on parle à une personne (nōlī) ou à plusieurs (nōlīte), exactement comme venī et venīte (cap. IV et V). Le second ne se conjugue jamais.

6. nōlle, et la soudure qui n'a pas pris partout

nōlle est nōn soudé à volō, et il en garde toute la flexion — mais trois formes sont restées en deux mots :

vouloir ne pas vouloir
1re sg volō nōlō
2e sg vīs nōn vīs
3e sg vult nōn vult
1re pl volumus nōlumus
2e pl vultis nōn vultis
3e pl volunt nōlunt

Infinitif nōlle. Le tableau lui-même montre où la soudure a pris et où elle n'a pas pris : partout où le verbe commence par vo-, elle a pris ; partout où il commence par v + ī ou u, elle a échoué, et les deux mots sont restés côte à côte.

7. carēre : l'ablatif du manque

Ce dont on est privé se met à l'ablatif, sans préposition :

cibō caret — il est sans nourriture sermōne caret — il n'a pas la parole

C'est l'ablatif du capitulum V, celui de sine cibō — mais le petit mot tombe. Attention : le français « manquer de » ressemble à un complément d'objet, et cibum caret serait une faute.

8. crās, mox — le temps qui vient

  • crās — demain. Le mot exige le futur : on ne peut pas dire crās venit. Il fait pendant à hodiē (cap. XIV).
  • mox — bientôt, sans date.

9. minimē, le « non » du latin

Le latin n'a pas de mot pour « non » tout seul : nōn (cap. I) nie un mot ou un verbe et ne peut pas rester seul en réponse.

Estne īnfāns aeger ?Minimē.

10. sīve, contre aut et vel

Trois mots offrent un choix, et ils ne disent pas la même chose :

  • aut (cap. VIII) exclut — l'un ou l'autre, pas les deux ;
  • vel (cap. XIII) laisse indifférent — prenez celui que vous voudrez ;
  • sīve avoue qu'on ne sait pas laquelle des deux choses est vraie, d'où le doublement sīve… sīve. Il est fait de (cap. XV).

Pièges d'écriture

  • gradus est de la quatrième déclinaison, celle de manus (cap. XI) : gradus au singulier (u bref), gradūs au pluriel (ū long). La quantité seule les sépare. Mais l'ablatif pluriel rejoint la troisième : gradibus, comme manibus.
  • mulier, mulieris garde son -e- : mulierem, mulierēs. C'est l'inverse exact de magister, magistrī (cap. XV), et rien dans le nominatif ne prévient — seul le génitif tranche.
  • lac, lactis fait son ablatif lacte, avec un -e : c'est un neutre consonantique, et non un thème en -i comme mare, marī (cap. X).
  • cūnae n'existe qu'au pluriel, comme castra et arma (cap. XII). L'adjectif qui l'accompagne suit : cūnae vacuae sunt.
  • nūtrīx, nūtrīcis : le -x du nominatif cache un -c-, comme dans lūx, lūcis (cap. XIII).
  • alō, alere ne porte aucun macron — à ne pas confondre avec aliēnus, dont l'ē est long.
  • īnfāns est fait d'in-, qui nie, et d'un vieux verbe « dire » : littéralement celui qui ne parle pas. C'est de là que vient le français « enfant ».
  • aliēnus est le contraire exact de suus (cap. IV) : un même enfant est suus pour sa mère et aliēnus pour la nourrice.
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