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Capitulum XXVIII

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Grammatica Capitulum XXVIII · Perīcula maris

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Le chapitre du subjonctif imparfait. Le capitulum XXVII vous a donné un mode neuf et son premier temps ; celui-ci vous en donne le second, et c'est le plus facile de tout le latin — au point que le vrai travail du chapitre n'est pas de le fabriquer, mais de savoir quand il s'emploie.

Les irréguliers confirment la règle sans exception : essem, īrem, vellem, nōllem, possem, ferrem et māllem se construisent tous sur leur forme en -re.

1. La règle, et il n'y en a qu'une

On prend la forme de base du verbe — celle qui finit par -re — et on y ajoute la terminaison. Rien n'est retranché, rien n'est modifié.

actif passif
1re sg. vītārem vītārer
2e sg. vītārēs vītārēris
3e sg. vītāret vītārētur
1re pl. vītārēmus vītārēmur
2e pl. vītārētis vītārēminī
3e pl. vītārent vītārentur

Les quatre familles de verbes se comportent exactement de même, parce que c'est leur forme de base qui porte la voyelle :

vītārevītārem · tacēretacērem · scrīberescrīberem · audīreaudīrem · caperecaperem

Et les irréguliers n'échappent à rien :

esseessem, essēs, esset, essēmus, essētis, essent · īreīrem · māllemāllem

2. Le contraste avec le chapitre précédent

Le subjonctif présent était surprenant : la première famille y renonçait à son ā (laudat, mais laudet), et toutes les autres prenaient un a qui ne venait de nulle part (dūcit, mais dūcat). Le subjonctif imparfait ne surprend jamais. Comparez :

présent imparfait
vītāre vītet vītāret
tacēre taceat tacēret
scrībere scrībat scrīberet
audīre audiat audīret
esse sit esset

Le temps le plus difficile du mode est suivi du plus simple.

3. Ce n'est pas un temps du passé

C'est le piège du chapitre, et il ne se dénoue qu'une fois.

Gubernātor imperat ut nauta perīculum vītet. Le pilote ordonne que le marin évite le danger.

Gubernātor imperāvit ut nauta perīculum vītāret. Le pilote a ordonné que le marin évite le danger.

Le danger n'est évité dans aucune des deux phrases. Ce qui a changé, c'est la principale : imperat est devenu imperāvit, et la subordonnée a suivi. Le subjonctif imparfait est le subjonctif présent d'un récit passé, rien de plus.

Regardez toujours le premier verbe avant de choisir la forme du second.

4. Où le rencontrer

Quatre emplois, tous déjà vus au chapitre précédent avec l'autre temps.

Ce qu'on veut qui se fasse (imperāre, rogāre, ōrāre, persuādēre) :

Prīnceps eum rogāvit ut fīliam suam suscitāret.

Le but :

Ex vīllā fūgit ut amīcam suam vidēret.

La conséquence, après tam, ita, tantus :

Timor tantus fuit ut nēmō attentus esset.

La question rapportée :

Nēmō rogāvit ubi essent illī quī in nāviculā fuerant.

5. Les déponents : forme passive, sens actif

Les verbes qui n'ont pas de formes actives prennent naturellement les terminaisons passives, et gardent leur sens actif :

nāscīnāscerētur (qu'il naisse) · morīmorerētur (qu'il meure) · loquīloquerentur (qu'ils parlent)

Attention à morerētur. La voyelle s'ouvre en e devant le -r-, comme dans caperētur : jamais « moriretur ».

6. mālle, le troisième verbe de la volonté

Après velle (cap. X) et nōlle (cap. XX), voici mālle, et le livre en donne la clé : mālle = magis velle, vouloir davantage.

mālō mālumus j'aime mieux, nous aimons mieux
māvīs māvultis mā-vīs = magis vīs
māvult mālunt

Le second terme de la comparaison vient après quam, et reste à la forme de base :

Mori mālumus quam servīre. — Nous aimons mieux mourir que servir.

mālle n'a pas d'ordre : on ne commande pas à quelqu'un de préférer.

7. Quatre verbes, et le datif pour les quatre

Le latin voit dans le complément de ces verbes un destinataire, non un objet.

oboedīre (< ob + audīre, écouter en face) : Mare ventīque oboediunt. servīre : Ego nēminī serviō. persuādēre : Mihi nēmō persuādēbit. impendēre (être suspendu au-dessus) : Multa perīcula nautīs impendent.

8. Le reste du vocabulaire, par familles

Ce qui menace, ce qui sauve : perīculumperīculōsus ; tūtus (= sine perīculō) ; salvus (= servātus) → salvāre ; perīre ; praedō ; vorāgō ; fretum.

Ceux qui ne peuvent pas : caecus (qui ne peut voir), surdus (entendre), mūtus (parler), claudus (marcher). Le livre les définit tous les quatre par la même formule.

Les contraires que le préfixe in- fabrique : mortālis / immortālis.

Deux diminutifs, deux suffixes : liberlibellus (le petit livre) ; nāvisnāvicula (la barque).

Deux mots qu'il ne faut pas confondre avec ce que vous savez :

  • mundus, mundī m. « le monde » n'est pas mundus, munda, mundum « propre » (cap. XXI). Aucun macron ne les sépare, et ils ne se confondent qu'au seul nominatif masculin singulier.
  • animus m. « l'esprit, le cœur » n'est pas anima f. « le souffle » (cap. X). Le premier s'oppose au corps ; le second est ce qui s'échappe.

Un neutre grec, le premier du cours : *phantasma, phantasmatis* — phantasmata, phantasmatum, phantasmatibus.

Un adjectif à une seule terminaison : *cōnstāns, cōnstantis*, comme pār (cap. XXIV). Le radical se lit sur le génitif : cōnstantem, cōnstantī, cōnstantēs, cōnstantia, cōnstantium.

9. Deux mots outils

utrum … an pose une question à deux branches, et c'est le doublet plein de -ne … an :

Utrum homō an deus est?

velut compare sans affirmer (= tamquam, sīcut) :

Mercātōrēs eum velut deum admīrātī sunt.

Et habērī n'est pas un mot nouveau : c'est habēre au passif, avec un second sens que le livre donne en marge — habērī = exīstimārī, être tenu pour.

Ille deus māximus habētur. — On le tient pour le plus grand des dieux.

Ce que ce chapitre ne fait pas encore

Le subjonctif a quatre temps, et vous en connaissez deux. Le parfait est du capitulum XXXII, le plus-que-parfait du XXXIII. C'est le seul mode dont le livre étale les temps ainsi : l'indicatif, lui, suit l'ordre des siens.

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