Capitulum VI

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Grammatica

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Capitulum VI — Via Latīna

On sort de la maison : la famille prend la route de Rome. Ce voyage sert deux nouveautés majeures — les prépositions à l'accusatif, pendant exact des cinq prépositions à l'ablatif du chapitre V, et surtout le passif, qui double d'un coup tout le système verbal. Entre les deux, un cas inattendu s'invite : le locātīvus.

Les huit prépositions à l'accusatif

Le livre les donne en bloc, et leur donne au passage leur nom latin : ūna praepositiō (abrégée prp), duae praepositiōnēs. Apprends-les comme une liste fermée, en face de celles du chapitre V :

+ accusatif (cap. VI) sens + ablatif (cap. V) sens
ad vers, jusqu'à ab / ā à partir de
ante devant, avant ex hors de
post derrière, après in dans (où l'on est)
inter entre cum avec
prope près de sine sans
circum autour de
apud chez, auprès de
per à travers, par

Retiens la règle en une phrase : ce n'est pas le sens du verbe qui choisit le cas, c'est la préposition.

Servī ab oppidō ad vīllam ambulant. — Les esclaves marchent de la ville jusqu'à la villa.

Trois couples d'opposition sont enseignés ensemble : adab, antepost, et prope (+ acc.) ↔ procul ab/ā (+ abl.). Note aussi l'équation donnée par le livre : apud amīcum est = cum amīcō est.

ā ou ab ?

Un seul mot, deux graphies : ab devant a, e, i, o, u, h ; ā ou ab devant les autres lettres.

ab ancillīs, ab oppidō — mais ā servō, ā Tūsculō (ou ab Tūsculō)

Les noms de villes : trois cas, zéro préposition

C'est la grande exception du latin, et le livre la martèle avec ses trois questions :

question cas Rōma (1re décl.) Tūsculum (2e décl.)
quō ? (vers où ?) accusatif Rōmam it Tūsculum it
unde ? (d'où ?) ablatif Rōmā venit Tūsculō venit
ubi ? (où ?) locātīvus Rōmae habitat Tūsculī habitat

Avec un nom commun, au contraire, la préposition reste obligatoire : ad vīllam, ab oppidō, in vīllā.

Le locātīvus

Un cas nouveau qui ne coûte rien : il a exactement la forme du génitif singulier-ae à la 1re déclinaison, à la 2e. Le livre l'écrit lui-même : locātīvus = genetīvus.

Titus Rōmae nōn habitat: Tūsculī habitat. — Titus n'habite pas à Rome : il habite à Tusculum.

Piège de lecture : Rōmae est tantôt génitif (mūrī Rōmae, « les murs de Rome »), tantôt locatif (Rōmae est, « il est à Rome »). C'est la phrase qui tranche.

Verbum āctīvum et verbum passīvum

Voici le cœur du chapitre. À la 3e personne du présent, la voix passive se marque par -ur ajouté à la forme active : portatportātur, portantportantur. Dans les quatre conjugaisons :

conjugaison actif sg. / pl. passif sg. / pl.
[1] -āre portat / portant portātur / portantur
[2] -ēre timet / timent timētur / timentur
[3] -ere vehit / vehunt vehitur / vehuntur
[4] -īre audit / audiunt audītur / audiuntur

La transformation actif → passif se fait en trois gestes, toujours les mêmes :

Servus saccum portat. → Saccus portātur ā servō. Servī saccōs portant. → Saccī portantur ā servīs.

  1. l'objet à l'accusatif devient sujet au nominatif ;
  2. le verbe passe en -tur / -ntur et s'accorde avec ce nouveau sujet ;
  3. l'ancien sujet devient complément d'agent : ab / ā + ablatif.

Deux ablatifs à ne pas confondre

L'agent est une personne et exige ab/ā. Le moyen est une chose, et se met à l'ablatif nu, sans préposition :

Lectīca ā servīs portātur. — La litière est portée par les esclaves (agent) Cornēlius lectīcā vehitur — Titus equō vehitur — servī saccōs umerīs portant. (moyen)

Le livre emploie cet ablatif instrumental partout sans jamais le nommer. Note au passage que le passif de vehere se traduit le plus souvent par un actif français : equō vehitur = « il va à cheval ».

tam… quam, et quam interrogatif

Pour comparer deux choses à égalité : tam + adjectif + quam.

Titus nōn tam fessus est quam servī. — Titus n'est pas aussi fatigué que les esclaves.

Le même mot sert à interroger : Quam longa est via? (« Quelle longueur fait la route ? »). Ce quam-là est un adverbe, mot nouveau — à ne pas confondre avec le quam accusatif féminin du relatif (puella quam videt), connu depuis le chapitre III. Même piège pour quō ?, adverbe nouveau homographe de l'ablatif quō du relatif.

it / eunt, trois mots de liaison, et le relatif pluriel

Le verbe īre (« aller ») est irrégulier : it au singulier, eunt au pluriel — ni *itunt ni *iunt.

Trois connecteurs, chacun à sa place : nam (« car ») et itaque (« c'est pourquoi ») ouvrent leur proposition ; autem (« mais, or ») ne l'ouvre jamais — c'est le 2e mot.

Cornēlius bonus dominus est; malus autem dominus ā servīs suīs timētur.

Enfin le relatif gagne deux cases au pluriel masculin, quī (sujet) et quōs (objet) — c'est sa fonction dans la relative qui décide de son cas :

servī quī saccōs portant — saccī quōs servī portant

À retenir en une ligne : ad, ante, post, inter, prope, circum, apud, per + accusatif ; noms de villes sans préposition (Rōmam / Rōmā / Rōmae) ; passif -tur / -ntur avec agent ab/ā + ablatif, moyen à l'ablatif nu ; tam… quam ; it / eunt ; autem toujours en 2e position.

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