Capitulum X — Bēstiae et Hominēs
Lions, aigles, poissons : le décor change, mais l'essentiel du chapitre n'est pas là. Ce capitulum t'apporte une forme nouvelle par verbe déjà connu — l'infinitif — et il te la donne d'un coup pour les quatre conjugaisons. C'est peu à lire et beaucoup à retenir.
L'infinitif actif : une seule terminaison, -re
| conjugaison | 3e p. sg. connue | infinitif |
|---|---|---|
| [1] -āre | vocat | vocāre |
| [2] -ēre | videt | vidēre |
| [3] -ere | pōnit | pōnere |
| [4] -īre | audit | audīre |
La finale -re est commune ; c'est la voyelle qui la précède qui dit la conjugaison — et c'est pourquoi, à partir d'ici, le livre cite ses verbes à l'infinitif au lieu de la 3e personne. L'infinitif est la carte d'identité du verbe.
Deux irréguliers, et ils ne diffèrent que par un macron :
esse = « être » (< sum) ≠ ēsse = « manger » (< edō, = edere)
Même piège qu'au capitulum IX avec est / ēst.
L'infinitif passif : -rī… sauf à la 3e conjugaison
| actif | passif | |
|---|---|---|
| [1] | portāre | portārī |
| [2] | tenēre | tenērī |
| [3] | pōnere | pōnī |
| [4] | audīre | audīrī |
Retiens l'anomalie : aux 1re, 2e et 4e conjugaisons on ajoute -rī ; à la 3e, on pose un simple -ī sur le radical — pōnī, emī, claudī, capī, dūcī. Une lettre, pas deux.
Et l'agent se dit comme au capitulum VI : ā / ab + ablatif — ā cane capī, « être attrapé par le chien ».
À quoi ça sert : trois verbes qui appellent l'infinitif
- potest / possunt — « il peut / ils peuvent » (volāre potest)
- vult / volunt — « il veut / ils veulent » (lūdere volunt)
- audet / audent — « il ose / ils osent » (ascendere nōn audet = timet)
Attention : de posse et de velle, le chapitre n'introduit que ces 3es personnes. Le reste des paradigmes viendra (capitula XV et XX) ; ne les devine pas.
Et le piège maison, interne au chapitre : volō signifie « je vole » (volāre) et « je veux » (velle). Partout ailleurs les deux se séparent :
volās / vīs · volat / vult · volant / volunt · volāre / velle
necesse est + datif + infinitif
necesse est un neutre indéclinable ; c'est esse qui porte la flexion, et l'infinitif qui fait le sujet réel :
Avī ālās movēre necesse est. — « L'oiseau doit remuer ses ailes. »
Le datif dit pour qui c'est nécessaire. Il peut manquer, et l'accusatif le remplace parfois (necesse est eum portāre).
L'accusatif + infinitif : tu le lis, tu ne l'apprends pas encore
Après vidēre, audīre, aspicere, le chapitre écrit partout :
Līvia pilam ā cane capī videt. — « Livia voit sa balle être attrapée par le chien. »
Sujet à l'accusatif, verbe à l'infinitif. Le livre s'en sert dès maintenant mais ne l'expliquera qu'au capitulum XI : ici, contente-toi de le reconnaître.
La 3e déclinaison, suite
Le livre ajoute quatre paradigmes et te dit à chaque fois à qui ils ressemblent :
| gén. sg. | gén. pl. | modèle | |
|---|---|---|---|
| avis (f.), piscis (m.) | avis, piscis | avium, piscium | ut ovis |
| mercātor (m.) | mercātōris | mercātōrum | ut pāstor |
| leō, homō (m.) | leōnis, hominis | leōnum, hominum | — |
| vōx (f.), pēs (m.) | vōcis, pedis | vōcum, pedum | — |
Trois de ces nominatifs cachent leur radical, et le livre montre pourquoi : leō < leōn, vōx < vōcs, pēs < peds. homō, hominis est fabriqué comme leō, leōnis — le livre ne le note pas, mais le génitif suffit à le voir.
Quantités à surveiller : pēs (ē long) mais pedis, pedem, pedum (e bref) ; āēr (deux longues) mais āeris, āere (e bref) ; animal (a, i brefs) mais animālis, animālia (ā long).
Trois neutres entrent au vocabulaire — flūmen, mare, animal — mais le livre renvoie lui-même leur paradigme au capitulum XI. Retiens seulement le couple qui les oppose : mare fait marī à l'ablatif et marium au génitif pluriel ; flūmen fait flūmine et flūminum.
Les verbes en -iō
capere, facere, parere sont de la 3e conjugaison, mais avec un -i- :
capit mais capiunt · facit mais faciunt · parit mais pariunt
Impératifs : cape ! capite ! — et l'apocopé fac !, à ranger avec dīc ! et dūc !
Ne confonds pas parere (pariō, a bref, « pondre ») et pārēre (pāreō, ā long, « obéir », capitulum IV) : parit / pariunt contre pāret / pārent.
Quatre mots-outils
- quod = quia, « parce que », + indicatif — à distinguer du pronom quod ;
- cum conjonction + indicatif, « quand, chaque fois que » — à distinguer de cum + ablatif, « avec » ;
- enim « en effet » (= nam), jamais en tête : is enim = nam is ;
- ergō « donc » (= itaque), toujours en tête.
Enfin nēmō < ne- + homō = nūllus homō : accusatif nēminem, datif nēminī.
À retenir en une ligne : infinitif actif en -re (-āre, -ēre, -ere, -īre), passif en -rī sauf -ī à la 3e ; esse ≠ ēsse ; potest, vult, audet + infinitif ; necesse est + datif + infinitif ; volant ≠ volunt ; avium/piscium contre leōnum/hominum/pedum/vōcum ; capit mais capiunt ; enim second, ergō premier.