Le chapitre où le latin apprend à dire quand. Il ouvre la cinquième et dernière déclinaison, il donne au temps un cas à lui — l'ablatif sans préposition —, il fait passer ante et post du lieu au moment, et il complète la file des rangs jusqu'au douzième.
Il donne aussi à l'adjectif son troisième et dernier degré, le superlatif.
Une seule chose du chapitre n'est pas ici : l'imparfait erat / erant, que le livre glisse en passant. Le cours l'enseignera au capitulum XIX, avec tous les autres temps du passé.
1. La cinquième déclinaison
Un seul paradigme, celui de diēs :
| singulier | pluriel | |
|---|---|---|
| nom. | diēs | diēs |
| acc. | diem | diēs |
| gén. | diēī | diērum |
| dat. | diēī | diēbus |
| abl. | diē | diēbus |
Trois choses à retenir :
- Le génitif en -ēī est la signature de cette déclinaison, et le datif lui est identique.
- Le nominatif singulier et le nominatif pluriel sont la même forme, diēs. C'est le verbe qui tranche : diēs longus est (un jour), diēs longī sunt (des jours).
- diēs ressemble à un nominatif pluriel de 3e déclinaison (mēnsēs, noctēs), mais son accusatif diem le dément. Comme toujours, c'est le génitif qui donne la déclinaison.
Les mots du chapitre : diēs et merīdiēs, tous deux masculins ; faciēs (le visage) et glaciēs (la glace), tous deux féminins. La forme ne dit donc rien du genre : il s'apprend avec le mot.
2. L'ablatif qui dit quand
Pour situer une action dans le temps, le latin ne met aucune préposition : il met le mot du temps à l'ablatif.
- Nocte sōl nōn lūcet. — la nuit
- Hieme nix est, aestāte imber. — en hiver, en été
- Vēre avēs canunt, autumnō folia cadunt. — au printemps, en automne
- Hōrā sextā merīdiēs est. — à la sixième heure
- Mēnse prīmō annus initium habet. — au premier mois
Ne le confondez pas avec le lieu, qui garde sa préposition : in monte nix est, mais hieme nix est.
3. ante et post passent au temps
Les deux prépositions du capitulum VI gouvernent toujours l'accusatif, mais elles servent désormais à découper la journée et l'année :
- ante merīdiem / post merīdiem
- post vesperum nox venit
- post hiemem vēr rūrsus venit
4. Les rangs, du cinquième au douzième
Huit adjectifs de 1re classe, qui s'accordent comme magnus :
quīntus, sextus, septimus, octāvus, nōnus, decimus, ūndecimus, duodecimus.
- Ils suivent leur nom et en prennent la finale : mēnsis quīntus, hōra sexta, tempus quārtum.
- Ne les confondez pas avec les nombres qui comptent : quīnque (cinq) contre quīntus (cinquième), duodecim (douze) contre duodecimus (douzième). Les premiers ne changent jamais de forme.
- Deux pièges de graphie : nōnus perd le -v- de novem, et septimus change le -e- de septem en -i-, comme decem → decimus.
5. Trois nominatifs qui cachent leur radical
| nominatif | génitif | radical |
|---|---|---|
| nox | noctis | noct- |
| lūx | lūcis | lūc- |
| nix | nivis | niv- |
Le -x n'est qu'un c ou un v suivi d'un s. Vous ne devinerez jamais nivis à partir de nix : c'est le génitif qu'il faut apprendre avec le mot.
Et attention à l'ablatif : nox, imber et nix ont un génitif pluriel en -ium (noctium, imbrium, nivium), mais leur ablatif singulier reste en -e — nocte, imbre, nive. C'est exactement la règle du capitulum XII.
6. Deux mots à part
- māne ne se décline jamais. Une seule forme, partout. Le latin en compte peu ; celui-ci est le premier du cours.
- tempus, temporis (neutre) dit deux choses : le temps en général, et — au pluriel, avec le génitif annī — les saisons : quattuor tempora annī.
7. Le superlatif, le degré le plus haut
Le capitulum XII avait donné altior, « plus haut ». Voici altissimus, « le plus haut de tous ». Trois formations, et pas une de plus :
- La règle : -issimus, -a, -um soudé au radical, puis décliné comme magnus. altus → altissimus, brevis → brevissimus, clārus → clārissimus, frīgidus → frīgidissimus.
- Les mots en -er prennent -errimus sur la forme entière : pulcher → pulcherrimus, jamais pulchrissimus.
- Cinq adjectifs prennent un autre mot : bonus → optimus, malus → pessimus, magnus → maximus, parvus → minimus, multī → plūrimī. parvissimus n'existe pas.
Ne mettez pas quam derrière un superlatif. Le comparatif oppose deux termes (clārior quam lūna) ; le superlatif désigne le plus haut degré dans un ensemble, et cet ensemble se dit au génitif pluriel : sōl stēllārum clārissimus est.
Deux mots de l'unité sont déjà des superlatifs par leur forme : postrēmus (le dernier, contraire de prīmus) et le nom du degré lui-même, superlātīvus, masculin de 2e déclinaison comme comparātīvus.
8. Compter : ce qui bouge et ce qui ne bouge pas
| ne change jamais | se décline |
|---|---|
| ūndecim, trīgintā, sexāgintā, centum | ducentī, ducentae, ducenta |
À partir de deux cents, la centaine s'accorde avec ce qu'elle compte, exactement comme multī : ducentī virī, ducentae fēminae, ducenta oppida. En dessous, rien ne bouge.
Et rappelez-vous la paire de tout le chapitre : le compte est immobile (duodecim mēnsēs), le rang se décline (mēnsis duodecimus).
9. Les trois dates du mois romain
Trois mots seulement, et tous les trois au pluriel uniquement :
- kalendae, kalendārum — le 1er du mois.
- nōnae, nōnārum — le 5 ou le 7, selon le mois. Le nom vient de nōnus.
- īdūs, īduum — le 13 ou le 15 : le milieu. C'est une 4e déclinaison féminine, ce qui est rare.
Un quatrième mot compte les jours autrement : aequinoctium, fait de aequus et de nox — le jour où la nuit égale le jour.
10. Les quatre verbes, et les petits mots
- incipere (commencer) est de la 3e conjugaison mixte, comme capere : incipit, incipiunt.
- operīre (couvrir) est de la 4e : operit, operiunt. Ne le confondez pas avec aperīre (ouvrir), qui dit exactement le contraire.
- illūstrāre (éclairer) demande un complément — sōl terram illūstrat —, là où lūcēre se suffit à lui-même.
- nōmināre (nommer) s'emploie surtout au passif : hoc tempus aestās nōminātur.
Et les six petits mots qui restent :
- quandō ? pose la question à laquelle répond tout ce chapitre. Quandō nix est ? Hieme.
- nunc (maintenant) et tunc (alors) vont par paire.
- igitur (donc) ne se met jamais en tête : il se glisse après le premier mot, comme autem et enim.
- item (de même) reprend un énoncé pour un second cas ; vel (ou) ouvre un choix.
11. Le comparatif, réemployé
Le comparatif du capitulum XII revient tout entier sur le vocabulaire du temps, avec quam et un second terme au même cas :
- Lūx sōlis clār*ior est quam lūx stēllārum.*
- Aestāte diēs long*iōrēs sunt quam hieme.*
- Aqua hieme frīgid*ior est quam aestāte.*
Le vocabulaire des huit unités
- Le temps qui passe : annus, mēnsis, diēs, hōra, tempus, initium, nox, saeculum.
- Le jour et la lumière : māne, merīdiēs, vesper, lūx, lūna, stēlla, clārus, obscūrus.
- Les saisons : vēr, aestās, autumnus, hiems, calidus, frīgidus, imber, nix.
- Les rangs : quīntus, sextus, septimus, octāvus, nōnus, decimus, ūndecimus, duodecimus.
- La forme et l'eau : faciēs, fōrma, urbs, lacus, glaciēs, tōtus, exiguus, aequus.
- Autour du superlatif : superlātīvus, postrēmus, dīmidius, indēclīnābilis, tunc, nunc, igitur, item.
- Compter les jours : ūndecim, trīgintā, sexāgintā, ducentī, trecentī, kalendae, nōnae, īdūs.
- Agir : aequinoctium, nōmināre, illūstrāre, incipere, operīre, vel, quandō.