Le chapitre d'une matinée : on s'éveille, on se lave, on s'habille, on prend ses affaires. La langue y réunit une voix retournée sur son sujet, le participe présent, les mots de la paire, la déclinaison de duo et un verbe qui se glisse dans les paroles.
1. Le participe présent actif
Le participe prend part à deux mondes : il garde l'action et la voix du verbe, mais reçoit cas, nombre et genre comme un adjectif. Au présent, il est actif :
- vigilāre → vigilāns, vigilantis — veillant
- currere → currēns, currentis — courant
- audīre → audiēns, audientis — entendant
Le nominatif singulier finit par -ns ; les autres formes se construisent sur le radical en -nt- : accusatif currentem, génitif currentis. Dans la lectūra, canis ex hortō currēns calceum gerit signifie « le chien, courant hors du jardin, porte une chaussure ». currēns s'accorde avec canis tout en exprimant une action en cours.
2. Le passif qui dit « se »
Le latin n'a pas de verbe pronominal. Là où le français dit il se lave, il retourne la voix du verbe — celle du capitulum VI :
- Puer lavā*tur.* — l'enfant se lave
- Puella vestī*tur.* — la fille s'habille
Le sujet est à la fois celui qui agit et celui qui reçoit. Rien n'est neuf dans la forme : ce sont les finales -tur, -ntur déjà connues. Ce qui est neuf est l'emploi.
Le latin dit tout aussi bien, avec le petit mot sē du capitulum VII : puer sē lavat.
3. Les quatre mots de la paire — et duo
Quand il n'y a que deux objets ou deux personnes, le latin emploie trois mots à lui :
| sur deux | au-delà de deux | |
|---|---|---|
| interroger | uter? lequel des deux ? | quis? qui ? |
| en désigner un | alter l'un des deux | alius un autre |
| n'en désigner aucun | neuter ni l'un ni l'autre | nūllus aucun |
| les prendre chacun | uterque chacun des deux | omnēs tous |
neuter est fait de ne + uter : c'est de lui que vient le nom du genre neutre, « ni masculin ni féminin ».
Ces quatre-là ont une flexion à part au singulier, celle de sōlus, nūllus et tōtus :
- génitif -īus : utrīus, alterīus, neutrīus
- datif -ī : utrī, alterī, neutrī
Tout le reste est régulier. Attention au radical : uter et neuter perdent leur -e- (utr-, neutr-), mais alter le garde (alter-, alterum, alterī).
uterque, utraque, utrumque soude -que à toutes ses formes. Le mot veut dire « chacun des deux » et reste au singulier avec son nom et son verbe : uterque parēns spectat. Son génitif est utrīusque, son datif utrīque.
duo, lui, n'a pas de singulier. Sa déclinaison plurielle distingue les genres :
| cas | masculin | féminin | neutre |
|---|---|---|---|
| nominatif / vocatif | duo | duae | duo |
| accusatif | duōs | duās | duo |
| génitif | duōrum | duārum | duōrum |
| datif / ablatif | duōbus | duābus | duōbus |
Ainsi servus duōs calceōs affert, mais cum duābus tunicīs.
Neuter parēns calceum reperit — le verbe reste au singulier : neuter compte pour un.
4. La droite et la gauche
dexter, dextra, dextrum et sinister, sinistra, sinistrum suivent le modèle de pulcher : le -e- du masculin tombe partout ailleurs.
- pēs dexter, mais manus dextra, bracchium dextrum
- accusatif dextrum, génitif dextrī
5. mihi, tibi — et cum collé derrière
Les pronoms personnels reçoivent ici deux formes nouvelles.
Le datif dit la personne à qui la chose est, ou pour qui elle se fait :
- Tunicam mihi dat. — il me donne une tunique
- Mihi duo calceī sunt. — j'ai deux chaussures (mot à mot : « à moi sont deux chaussures »)
Le latin ne dit pas volontiers j'ai : il dit à moi est.
cum se colle derrière son pronom — et c'est le seul endroit du latin où une préposition passe derrière le mot qu'elle régit :
- mēcum, tēcum — jamais cum mē, jamais cum tē
6. inquit se glisse dans les paroles
dīcit annonce les paroles et se met devant ; inquit s'y glisse, après le premier mot, et son sujet le suit :
- Pater dīcit: « Surge! »
- « Surge », inquit pater, « nam gallus canit. »
Le verbe est défectif : de tout son paradigme, le chapitre ne donne que inquit et inquiunt.
7. rēs, et la cinquième déclinaison qui revient
rēs, rem, reī, reī, rē — pluriel rēs, rēs, rērum, rēbus, rēbus.
Une seule différence avec diēs : le radical de rēs finit par une consonne, d'où un génitif -eī à e bref, contre di-ēī à ē long après voyelle. Écrire rēī est une faute.
Comme diēs, rēs a la même forme au nominatif et à l'accusatif pluriels : c'est la place du mot qui tranche.
8. Les petits mots du chapitre
- omnis, omne — tous, pris un à un ; contre tōtus (cap. XIII), l'entier pris d'un bloc : omnēs līberī, mais tōta domus. Génitif pluriel omnium.
- nihil — rien, indéclinable, pour les choses ; nēmō (cap. X) pour les personnes.
- apertus / clausus — l'état où aperīre et claudere (cap. VII) ont mis la chose.
- praeter + accusatif — sauf, excepté.
- an — n'introduit que le second terme d'une question double : dexter an sinister?. Hors d'une question, le latin dit aut (cap. VIII) ou vel (cap. XIII).
- prīmum… deinde… — d'abord… ensuite… ; adhūc — encore, jusqu'à présent ; hodiē — aujourd'hui.
- solēre + infinitif — avoir coutume de : surgere solet, il a l'habitude de se lever.
9. Deux paires de verbes à ne pas confondre
induere prend le vêtement pour complément : tunicam induit.
vestīre prend la personne : fīlium vestit — et, retourné, vestītur, il s'habille.
gerere — porter sur soi : togam gerit, d'où l'adjectif togātus, « en toge ».
poscere — réclamer, plus fort que petere (cap. IX) : on n'y demande pas, on exige.
afferre est un composé de ferre (cap. XII) et en garde les irrégularités : affert, afferunt, impératif affer.
Pièges d'écriture
- toga (o bref) mais togātus (ā long).
- stilus s'écrit avec un i — jamais stylus.
- frīgēre, le verbe (avoir froid), contre frīgidus (cap. XIII), l'adjectif (être froid) : aqua frīgida est, mais puer frīget.
- parēns porte son ē long au nominatif seul : parentis, parentem, parentēs.
- valē et valēre : ē long. valē se dit en partant, salvē (cap. IV) en arrivant.