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Capitulum XVII

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Grammatica Capitulum XVII · Numerī difficilēs

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Le chapitre du calcul. Deux nouveautés portent tout le reste : le passif reçoit enfin ses six personnes, et les nombres cessent d'être faciles — le latin en fabrique certains par soustraction.

1. Le passif aux six personnes

Depuis le capitulum VI, vous lisez laudātur et laudantur. Le tableau se ferme ici :

singulier pluriel
1re laudor je suis loué laudāmur nous sommes loués
2e laudāris tu es loué laudāminī vous êtes loués
3e laudātur il est loué laudantur ils sont loués

Les six finales — -r, -ris, -tur, -mur, -minī, -ntur — sont les mêmes aux quatre conjugaisons. Seule change la voyelle qui les précède, et c'est celle de l'actif :

  • doce*or, docēris, docētur* — comme doceō, docēs, docet
  • audi*or, audīris, audītur* — comme audiō, audīs, audit

Deux pièges tiennent en une lettre :

  • laudāmus « nous louons » contre laudāmur « nous sommes loués » ;
  • à la première personne, le passif ne finit pas par mais par -r : laudō / laudor.

2. La seule irrégularité du tableau

À la troisième conjugaison, le -i- bref passe à -e- devant le -r- de la deuxième personne du singulier :

  • reprehendisreprehenderis
  • tollistolleris

Partout ailleurs la voyelle ne bouge pas : reprehendimur, reprehendiminī.

3. Qui fait l'action ?

Quand le sujet reçoit l'action, celui qui la fait se dit ā (ou ab) suivi de l'ablatif — et seulement pour des personnes :

Puer ā magistrō laudātur. — l'enfant est loué par le maître.

4. Enseigner deux choses à la fois

docēre prend deux compléments d'objet, la personne et la chose, tous deux avec la même finale :

Magister discipulōs numerōs docet. — le maître enseigne les nombres aux élèves.

Le français glisse un « à » devant la personne ; le latin ne met rien.

5. Les nombres difficiles

De onze à dix-sept, la finale est -decim :

*ūndecim, duodecim, trēdecim, quattuordecim, quīndecim, decim, septendecim*

Le premier élément s'use quand il est long (quīnquequīn-, sexsē-) et reste entier quand il est court (quattuor).

Dix-huit et dix-neuf se font à l'envers. Le latin ne dit pas octōdecim : il retire du nombre rond qui suit.

  • duo-dē-vīgintī — deux ôtés de vingt (18)
  • ūn-dē-vīgintī — un ôté de vingt (19)

Le procédé vaut pour chaque dizaine (duodētrīgintā, ūndētrīgintā) et jusqu'à la centaine (ūndēcentum, capitulum XIII).

Les dizaines finissent en -gintā : trīgintā, quadrāgintā, quīnquāgintā, sexāgintā, septuāgintā, octōgintā, nōnāgintā. Seuls decem, vīgintī et centum y échappent.

Les centaines ont deux finales :

  • -centī après deux, trois et six : ducentī, trecentī, sescentī
  • -gentī partout ailleurs : quadringentī, quīngentī, septingentī, octingentī, nōngentī

6. Ce qui se décline et ce qui ne se décline pas

Les nombres latins ne changent pas de forme, à trois exceptions près : ūnus, duo, trēs — et les centaines, qui sont des adjectifs pluriels ordinaires.

  • quadrāgintā ovēs, quadrāgintā dēnāriōs — rien ne bouge
  • quīngent*ae ovēs*, septingent*ōs dēnāriōs* — le nombre prend la finale du mot compté

7. Les rangs en -ēsimus

Après les douze premiers rangs du capitulum XIII, toutes les dizaines et toutes les centaines prennent le suffixe -ēsimus, -a, -um : vīcēsimus (20e), trīcēsimus (30e), centēsimus (100e), mīllēsimus (1000e). Ce sont des adjectifs ordinaires, qui s'accordent.

8. L'adverbe en -ē

D'un adjectif en -us, le latin tire un mot qui dit comment se fait l'action, avec un ē final long :

rēctusrēctē · prāvusprāvē · aequusaequē

L'adjectif s'accorde avec un nom ; l'adverbe ne change jamais.

9. quisque : chacun, et à chacun le sien

quisque est fait de deux morceaux soudés, et un seul des deux se décline :

masculin féminin neutre
sujet quisque quaeque quodque
objet quemque quamque quodque
à qui cuique cuique cuique
de qui cuiusque cuiusque cuiusque

Le -que final ne bouge jamais : mettez-le de côté, et vous retrouvez la déclinaison de quis (capitulum II). Au pluriel, quīque, quōsque, quōrumque, quibusque.

Deux choses à retenir :

  • le mot reste au singulier même quand il porte sur plusieurs — quisque discipulus respondet, « chaque élève répond » ;
  • la forme qui dit à qui est la même aux trois genres, et c'est elle qui porte le tour suum cuique, « à chacun le sien ».

10. L'adjectif à une seule terminaison

magnus (capitulum I) donne trois formes au dictionnaire, brevis (capitulum XII) en donne deux, l'une pour le masculin-féminin, l'autre pour le neutre. Un troisième gabarit apparaît ici :

absēns, absentis · prūdēns, prūdentis

Au nominatif, une seule forme pour les trois genresvir absēns, fēmina absēns, respōnsum absēns. Et rien dans cette forme n'annonce le radical : le -t- n'apparaît qu'à la finale suivante.

sujet absēns
objet absentem
de qui absentis
pluriel absentēs, absentium

C'est pourquoi le dictionnaire donne ici le génitif en seconde forme, et non un féminin : c'est le seul endroit où le radical se lit.

11. Le verbe sans sujet

oportet n'existe qu'à la troisième personne du singulier, et il appelle toujours un infinitif derrière lui :

Prīmum cōgitāre oportet. — il faut d'abord réfléchir.

C'est le voisin de licet (capitulum XV), avec une différence de poids : licet permet, oportet oblige.

12. Deux verbes qui n'ont que la forme du passif

partior, partī*ris, partītur* et largior, largī*ris, largītur*. La finale est celle du passif, le sens est bien actif : celui qui partage n'est pas partagé. Ces verbes n'ont pas de tableau actif du tout — partit n'existe pas.

13. Deux quantités à surveiller

  • dare (capitulum VII) a un radical à a bref : damus, datis, datur — mais et dās, où la voyelle est longue.
  • facilis et difficilis font leur degré le plus haut en -limus : facillimus, difficillimus, jamais -issimus.
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