Le chapitre du couple, et surtout le premier temps du passé du cours. Jusqu'ici, une phrase latine ne pouvait parler que de maintenant ; elle peut désormais raconter ce qui durait.
Ce que le livre enseigne et que le cours ne peut pas encore servir : le comparatif plūrēs (« plus nombreux »), dont notre générateur de formes ne dispose pas — plūrimī, lui, est bien là ; le vocatif mī de meus, qui est une case d'un mot d'un autre chapitre ; et le génitif de ūnus et de trēs, ces deux nombres étant enregistrés comme invariables depuis le capitulum I. Seul duōrum est employé. Ces formes ne paraissent nulle part dans le chapitre, et elles reviendront quand l'outil saura les produire.
1. L'imparfait actif
Entre le radical et la finale s'installe -bā-. Les finales sont celles de l'actif, avec -m à la place de -ō à la première personne :
| singulier | pluriel | |
|---|---|---|
| 1re | amābam j'aimais | amābāmus nous aimions |
| 2e | amābās tu aimais | amābātis vous aimiez |
| 3e | amābat il aimait | amābant ils aimaient |
Deux voyelles seulement devant le -bā- :
- les 1re et 2e conjugaisons gardent la leur : amābam, monēbam
- les 3e et 4e prennent un -ē- qu'elles n'ont pas au présent : mittēbam, capiēbam, audiēbam
C'est tout le tableau. Il n'y a pas d'autre irrégularité.
2. L'imparfait passif
Le même -bā-, suivi des six finales du passif apprises au capitulum XVII :
amā*bar, amābāris, amābātur, amābāmur, amābāminī, amābantur*
Rien de neuf que le temps.
3. Les irréguliers
Chez esse, le -b- disparaît et le -ā- reste :
er*am, erās, erat, erāmus, erātis, erant*
posse se fait dessus, avec pot- devant : poteram*, poterat*. Et īre réduit son radical à ī- : ībam*, ībās*, ībat*.
4. À quoi sert ce temps
À ce qui durait ou se répétait, non à ce qui est arrivé une fois :
Cotīdiē ad forum ībat. — il allait au forum tous les jours.
Le latin a un autre temps pour l'acte accompli une seule fois, et le livre le donne plus loin.
5. domus, le nom à deux déclinaisons
Il suit la quatrième pour l'essentiel — domus, domūs, domuī, domibus, comme manus (capitulum XI) —, mais trois cases lui viennent de la deuxième, et ce sont celles qui servent le plus :
- domī — à la maison, quand on y est
- domum — à la maison, quand on y va
- domō — de la maison, quand on en vient
L'accusatif pluriel suit le même chemin : domōs, non domūs.
Ces trois formes refusent la préposition, exactement comme Rōmae, Rōmam, Rōmā (capitulum VI) : le nom de la maison se conduit comme un nom de ville. On ne dit ni in domō, ni ad domum.
6. L'adjectif de troisième déclinaison à une seule finale
dīves, pauper, praesēns n'ont qu'une forme au nominatif, la même aux trois genres — et leur radical ne se lit pas dessus :
- dīves, gén. dīvitis → radical dīvit-
- pauper, gén. pauperis → radical pauper-
C'est le génitif qu'il faut connaître, comme pour un nom de troisième déclinaison.
Deux exceptions à retenir : contrairement à brevis ou fortis, ces deux-là font leur ablatif singulier en -e (dīvite, paupere) et leur génitif pluriel en -um (dīvitum, pauperum).
7. Les cinq comparaisons irrégulières
| comparatif | superlatif | |
|---|---|---|
| bonus | melior | optimus |
| malus | peior | pessimus |
| magnus | maior | maximus |
| parvus | minor | minimus |
| multī | — | plūrimī |
Aucun de ces degrés ne se fabrique sur son positif : ils se savent par cœur.
8. Le plus haut degré suivi du génitif
Quand le degré le plus haut désigne un seul être dans un groupe, le groupe se met au génitif pluriel :
pulcherrima deārum — la plus belle des déesses
Employé seul, le même degré dit simplement « très » : flōs pulcherrimus, une très belle fleur.
9. Neuf adjectifs à génitif en -īus
ūllus fait ūllīus au génitif et ūllī au datif, aux trois genres. Huit autres font de même : nūllus, sōlus, tōtus, alter, uter, neuter, alius, ūnus. Tout le reste de leur tableau est ordinaire.
ūllus s'emploie presque toujours après une négation : nōn ūlla columna, pas une seule colonne.
10. Deux constructions à part
- dignus + ablatif, sans préposition : digna dōnō, digne d'un cadeau. C'est le même ablatif que celui de plēnus (capitulum VII) ; le français met un « de » que le latin ne met pas.
- opus est — « il est besoin », la troisième tournure sans sujet du cours après necesse est (XIV) et oportet (XVII). Elle appelle un infinitif : nōn opus est plūs dīcere.
11. Quelques mots à surveiller
- tamen se glisse dans la seconde proposition, souvent après son premier mot — là où quamquam (XVII) ouvre la première.
- ergā + accusatif dit le sentiment tourné vers quelqu'un : amor ergā uxōrem. ad, lui, dit le mouvement vers un lieu.
- minus et plūs pèsent l'action et ne changent jamais de forme ; minor et maior qualifient une personne ou une chose, et s'accordent.