Une lettre arrive du maître d'école. Avant même qu'on l'ouvre, un visage a déjà tout dit.
Ce que ce chapitre vous apprend ici
pudet, le verbe sans sujet. Il ne se dit qu'à une seule personne, et celui qui éprouve la honte n'est pas le sujet : mē pudet, tē pudet, « la honte me prend, te prend ». On ne dit jamais ego pudeō.- La famille des tournures sans sujet est maintenant complète à quatre : necesse est (cap. XIV), oportet (cap. XVII), opus est (cap. XIX) et pudet. Aucune ne se conjugue.
- Le parfait redoublé. Certains verbes fabriquent leur passé en répétant leur première syllabe. dare fait dedī, et ses composés le gardent : trādere → trādidī, perdere → perdidī. Cela se voit à l'œil, et cela ne s'invente pas.
- Le participe futur actif. Le thème du supin reçoit -ūrus, -ūra, -ūrum : prōmissūrus, « sur le point de promettre » ; factūrus, « sur le point d'agir ». Il se décline comme bonus et s'accorde avec celui qui accomplira l'action.
- Le supin est réinvesti dans facile factū et litterās trāditum venit : une forme en -ū après un adjectif, une forme en -um après un mouvement.
- Le préfixe ne change pas la conjugaison. prōmittere et dīmittere se font comme mittere (mīsī, missum), continēre comme tenēre. Mais il peut altérer la voyelle : claudō donne inclūdō.
- Deux déponents de plus — comitārī et fatērī : des finales de passif, un sens d'actif. Ils rejoignent ōsculārī (cap. XIX).
- Deux mots sans singulier. litterae, ce sont les lettres, donc la lettre qu'on envoie — au singulier, littera n'est qu'un signe de l'alphabet. verbera, ce sont les coups, parce qu'on n'en reçoit jamais un seul.
- D'où l'on vient, depuis quand. hinc / illinc disent le lieu qu'on quitte ; antehāc / posthāc disent le moment, et ils contiennent hāc, « ceci » — avant CECI, après CECI.
umquamne vit qu'en mauvaise compagnie : il lui faut une négation devant lui, ou une question. Seul, dans une phrase qui affirme, il est faux.
Le vocabulaire, par unité
- La lettre — litterae, prōmissum, prōmittere, īnscrībere, plānus, herī, fortasse
- Le visage qui trahit — vultus, pudor, pudet, pallēre, pallidus, rubēre, quisnam
- Le compagnon — comes, comitārī, hinc, illinc, antehāc, posthāc, umquam
- La clé et le salut — clāvis, inclūdere, continēre, solvere, integer, āvertere, salūs
- Le mérite et l'aveu — laus, merēre, dēbēre, factum, fatērī, negāre, dīmittere
- Remettre et perdre — trādere, perdere, verbera, ob
Ce que l'application ne vous fait pas encore pratiquer
Les infinitifs futurs (factūrum esse, verberātum īrī) restent composés de deux mots et ne vivent donc pas dans une cellule unique. Le participe futur simple, lui, est maintenant montré et produit dans les exercices.
Le piège du chapitre
solvit est à la fois le présent et le passé de solvere (solvō,
solvere, solvī, solūtum). Les deux formes s'écrivent pareil, et seul le
contexte les sépare. Ce n'est pas une faute d'impression.
À retenir en une phrase
Le latin traite certains sentiments comme des choses qui vous arrivent : on n'a pas honte, la honte vous prend — et c'est pour cela que pudet n'a pas de sujet.