Le chapitre où l'on commande à un déponent. Ces verbes qui ont la forme du passif et le sens de l'actif ont reçu leur indicatif au capitulum XVI, leur infinitif, leur participe ; il leur manquait l'impératif. Le livre le leur donne ici, et c'est la seule rubrique de sa grammaire. Le second point, plus discret mais partout, est un génitif — celui qui complète un nom ou un adjectif.
Ce que le livre n'enseigne pas ici, malgré ce qu'on lit parfois : le gérondif. Les formes nāvigandum et fugiendum apparaissent bien dans le texte du chapitre, mais le Companion de Neumann les renvoie explicitement au capitulum XXVI, le Conspectus de Čepelák aussi, et l'index d'Ørberg ne porte aucune entrée de gérondif sous le numéro 25. Aucune forme en -ndum, -ndī, -ndō n'apparaît donc dans ce chapitre.
1. L'impératif des déponents : -re, -minī
Deux désinences, et il n'y en a pas d'autres. Elles valent pour les quatre conjugaisons.
| à une personne | à plusieurs | |
|---|---|---|
| 1re | laetā*re!* réjouis-toi | laetā*minī!* réjouissez-vous |
| 2e | pollicē*re!* promets | pollicē*minī!* promettez |
| 3e | oblīvīsc*ere!* oublie | oblīvīsc*iminī!* oubliez |
| 4e | partī*re!* partage | partī*minī!* partagez |
La difficulté n'est pas de fabriquer ces formes — elle est de les reconnaître, parce que ni l'une ni l'autre n'est neuve :
- pollicēre a exactement la forme d'un infinitif actif de 2e conjugaison, comme vidēre, habēre, tacēre ;
- pollicēminī est aussi la 2e personne du pluriel de l'indicatif, « vous promettez ».
Ce qui tranche est toujours autour du verbe : un vocatif (Stiche, pollicēre!), un point d'exclamation, un autre impératif à côté. Et l'infinitif d'un déponent, lui, ne s'y trompe jamais : il finit par -ī — pollicērī, oblīvīscī, sequī.
Un ordre et un autre ordre, côte à côte, ne se ressemblent donc pas :
Amīcī, mē audīte et auxilium pollicēminī. — verbe ordinaire, -īte ; déponent, -minī.
2. Le participe parfait d'un déponent est ACTIF
victus (capitulum XXI) décrit celui qui a subi. Mais :
- pollicitus — celui qui a promis
- oblīta — celle qui a oublié
- secūtus — celui qui a suivi
Même terminaison, sens inverse. Rien ne le prédit : c'est le mot qui est déponent, et il faut le savoir de lui. La phrase le confirme d'ailleurs toujours, parce qu'un participe à sens actif traîne son propre complément : Vir, glōriam pollicitus, discessit.
3. Le génitif qui complète un nom
Le génitif du capitulum II disait à qui une chose appartient — fīlius Cornēliī. Celui-ci fait autre chose : il complète un nom d'action, comme un objet complète un verbe.
| nom d'action | son génitif | ce que cela dit |
|---|---|---|
| timor la peur | timor mortis | on a peur de la mort |
| expugnātiō la prise | expugnātiō urbis | on prend la ville |
| nex la mise à mort | nex taurī | on met à mort le taureau |
| cupiditās le désir | cupiditās glōriae | on désire la gloire |
| exitus la sortie | exitus labyrinthī | on sort du labyrinthe |
Le français met « de » dans les deux emplois, et c'est pourquoi la construction ne se voit pas à la traduction. Repère pratique : chaque fois qu'un nom cache un verbe (nārrāre → nārrātiō, expugnāre → expugnātiō, cupere → cupiditās), cherchez son génitif.
4. Un adjectif et un verbe qui régissent un cas
cupidus veut le génitif : cupidus glōriae, avide de gloire. C'est le premier adjectif du cours à commander un cas — mais vous en connaissiez déjà un sans le savoir, plēnus (capitulum VII), et le capitulum XXI écrivait vestis sordium plēna.
oblīvīscī accepte deux cas, et c'est le premier verbe du cours dans ce cas :
Fābul*ae oblīvīscitur.* = Fābul*am oblīvīscitur.* — il oublie l'histoire.
Ce qui ne passe pas, en revanche, c'est l'ablatif : fābulā oblīvīscitur est faux.
5. Le tableau du lieu, complété
| où l'on est | où l'on va | d'où l'on vient | |
|---|---|---|---|
| ici | hīc | hūc | hinc |
| là-bas | illīc | illūc | illinc |
| là | ibi |
C'est exactement l'opposition de in + ablatif et de in + accusatif (capitulum VI), reportée sur des adverbes. Illūc dēscendit et ibi mānsit : il y va, puis il y est.
6. Le relatif de liaison : quī = et is
Une phrase qui commence par un relatif ne subordonne rien. Elle reprend le dernier mot et continue :
Taurum cōnspicit, quī herbam edere nōn poterat. — et celui-ci ne pouvait plus manger l'herbe.
Aucune forme neuve : c'est le relatif du capitulum III, à un emploi neuf. Traduisez-le par « et il », « or celui-ci », jamais par « qui ».
7. Deux adjectifs de 3e en -ilis et -bilis
humilis, humile · mīrābilis, mīrābile · terribilis, terribile
Ils se déclinent comme brevis (capitulum XII) : neutre en -e, génitif pluriel en -ium. Le suffixe -bilis dit toujours ce qu'on peut faire ou subir — est terribilis ce qui peut faire peur, mīrābilis ce qu'on peut admirer.
Attention au superlatif : humillimus, avec deux l. Six adjectifs latins font ainsi (facilis, difficilis, similis, dissimilis, gracilis, humilis) ; tous les autres, mīrābilis et terribilis compris, font régulièrement -issimus.
8. Deux mots pour la mort, trois verbes pour tuer
- mors — la mort qui arrive, qu'on subit ;
- nex — la mort qu'on donne, le meurtre.
Mors taurī nihil mūtāvit ne dit pas la même chose que Nex taurī nihil mūtāvit : dans le premier cas la bête est morte, dans le second on l'a tuée.
Et les trois verbes ne sont pas interchangeables : necāre ne dit pas comment, occīdere abat, interficere défait.
9. Trois masculins de 4e déclinaison
cōnspectus la vue · currus le char · exitus la sortie
| singulier | pluriel | |
|---|---|---|
| sujet | currus | currūs |
| dont | currūs | curruum |
| objet | currum | currūs |
| à | curruī | curribus |
| par, sur | currū | curribus |
Ils suivent gradus et manus (capitulum XII), non les neutres cornū et genū (capitulum XXI).
10. Deux mots incomplets
- moenia n'a pas de singulier. Un rempart seul n'entoure rien : moenia, moenium, moenibus, et c'est tout. mūrus (capitulum VI) reste le mur qu'on peut compter.
- coepisse n'a pas de présent. coepit veut dire « il a commencé », jamais « il commence » — c'est incipere (capitulum XIII) qui s'en charge. Sept formes en tout : coepī, coepistī, coepit, coepimus, coepistis, coepērunt, coepisse.
Pièges d'écriture
- occīdere (ī long, ob + caedere) « tuer » n'est pas occidere (i bref, ob + cadere) « tomber, se coucher », capitulum XVI — celui du soleil qui se couche. Écrits sans macrons, occidit est les deux, et seule la phrase autour tranche. C'est le couple le plus dangereux du chapitre.
- cōnspectus, cōnspectūs m. « la vue » est un nom de 4e ; cōnspectus, cōnspectī est le participe de cōnspicere (capitulum XXI). Même nominatif, deux tableaux — et c'est le génitif qui les sépare, comme toujours.
- fīlum (ī long, neutre) est le fil ; fīlius est le fils.
- lītus, lītoris n. cache son radical lītor-, comme corpus, corporis (capitulum XI).
- brevī (ī long) est l'adverbe « bientôt », un ablatif figé de brevī tempore ; breve est le neutre de l'adjectif brevis.
- nex, necis et rēx, rēgis cachent tous deux une consonne sous leur x : nec + s, rēg + s.
- dēscendere, cōnstituere et occīdere ont la même forme au présent et au parfait à la 3e personne du singulier : dēscendit, cōnstituit, occīdit. Seule la place de l'accent les sépare à l'oral.
- humilis contient humus, le sol (capitulum XXI) : est humble ce qui est près de terre.