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Capitulum XXVI

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Grammatica Capitulum XXVI · Daedalus et Īcarus

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Le chapitre du gérondif. Le latin savait dire volāre, « voler » ; il apprend ici à dire l'art DE voler, prêt À voler, fatigué DE voler — c'est-à-dire à décliner l'action elle-même.

Ce que ce chapitre ne vous demandera jamais au clavier : il apporte līber, lībera, līberum « libre » (ī long), qui s'écrit comme liber, librī « le livre » (i bref, capitulum II). Notre correction ne punit jamais un macron oublié ; ce couple ne vous sera donc proposé qu'à la lecture, où l'œil voit la différence.

1. Le gérondif : ce qu'il est

  • C'est un nom neutre singulier de 2e déclinaison, fabriqué sur le verbe.
  • On le fabrique en une syllabe : radical du présent + -nd- + la finale.
  • Il n'a que quatre cases, et le livre n'en exerce vraiment que trois.
  • Il ne s'accorde jamais avec rien : il reste tel quel, quoi qu'il y ait autour.
  • Et surtout : il reste un verbe. Il garde son complément, son adverbe, sa négation.
conjugaison infinitif gérondif
1re levāre levandum, levandī, levandō
2e docēre docendum, docendī, docendō
3e legere legendum, legendī, legendō
3e mixte effugere effugiendum, effugiendī, effugiendō
4e invenīre inveniendum, inveniendī, inveniendō
  • Deux pièges, et tous deux de voyelle. La 3e ne fait pas *legandī mais legendī. La 4e et la mixte insèrent un i que le radical ne montrait pas : inveniendī, effugiendī, quatiendī.
  • Il ne doit rien au supin, et c'est pourquoi il existe toujours : quatere n'a chez Ørberg ni passé ni participe, et il a pourtant son quatiendō.

2. Le gérondif : ce qu'il fait

Trois emplois, et il n'y en a pas d'autres dans ce chapitre.

case ce qu'elle dit exemple
accusatif après ad le but In hortum exit ad ambulandum. — il sort au jardin pour se promener
génitif l'appartenance, après un nom ou un adjectif de désir ars canendī · tempus legendī · cōnsilium effugiendī · studiōsus discendī
ablatif seul le moyen Litterās legendō discimus. — c'est en lisant que nous apprenons
  • Avec in + ablatif, la même forme dit la circonstance : in effugiendō, « pendant qu'il s'échappait ».
  • Le datif existe, mais le livre le met lui-même entre parenthèses : aucune phrase du chapitre ne l'emploie, et aucun de nos exercices ne l'exige.

3. Pourquoi il fallait l'inventer

  • L'infinitif peut être sujetvolāre difficile est — mais il ne se décline pas : il ne peut ni suivre une préposition, ni suivre un nom.
  • Le gérondif ne peut pas être sujet — le nominatif est déjà pris par l'infinitif — mais il peut tout le reste.
  • Les deux se partagent le travail, et c'est pourquoi aucun ne remplace l'autre.

Nēmō nātūram suam mūtāre potest: ars mūtandī hominī nōn datur. Personne ne peut changer sa nature : l'art de changer n'est pas donné à l'homme.

Les deux formes du même verbe se suivent dans cette phrase : mūtāre dépend d'un verbe, mūtandī dépend d'un nom.

4. Comment on le reconnaît d'un adjectif verbal

  • Vous rencontrerez plus tard (capitulum XXXI) une forme qui s'écrit exactement pareil, en -nd-, et qui, elle, s'accorde.
  • Dans ce chapitre, la règle est simple : si le mot en -nd- ne bouge pas, c'est un gérondif.
  • Et il garde son complément à l'accusatif : ad cēram molliendum, terram dēspiciendō.

5. celer, celeris, celere — le seul adjectif à trois terminaisons

  • Le cours avait déjà les deux terminaisons (brevis, breve, cap. XII) et la terminaison unique (dīves cap. XIX, pār cap. XXIV). Voici la troisième, et c'est la seule du cursus.
  • Le radical se lit sur le féminin : celer-. Le masculin garde une voyelle d'appui, comme pulcher.
m f n
nominatif sg celer celeris celere
accusatif sg celerem celerem celere
ablatif sg celerī celerī celerī
nominatif pl celerēs celerēs celeria
génitif pl celerium celerium celerium
  • Le piège : celeris a l'air d'un nominatif masculin, comme brevis. Ce n'en est pas un.
  • Superlatif celerrimus, avec deux r.

Deux autres viennent avec lui, à une seule terminaison, dont le radical se lit sur le génitif :

  • audāx, audācisaudācem, audācī, audācium, audācia
  • ingēns, ingentisingentem, ingentī, ingentium, ingentia (l'e est bref hors du nominatif)

6. summus et īnfimus : deux superlatifs sans positif

  • Ils veulent dire « le plus haut » et « le plus bas », et ils ne se comparent donc pas : *summior n'existe pas.
  • Et ils ne disent pas ce qu'on croit : summus mōns n'est pas « la plus haute montagne », mais « le haut de la montagne ».

In summō monte nix est, in īnfimō flōrēs. Sur le haut de la montagne il y a de la neige, en bas des fleurs.

Le couple des directions va avec eux : sūrsum [↑] et deorsum [↓], deux mots qu'on n'apprend qu'ensemble.

7. vidērī : « sembler »

  • C'est le passif de vidēre, avec un sens que l'actif n'a pas.
  • La personne à qui la chose semble se met au datif ; ce qu'elle semble être se met au nominatif.

Fabula longa mihi vidētur. — L'histoire me paraît longue.

C'est l'ancêtre direct de notre « il me semble ».

8. Trois pièges du vocabulaire

  • accidit est deux formes à la fois : le présent et le passé s'écrivent pareil, sans même un macron. C'est le convertit du capitulum XXIV — seul le contexte tranche. Le verbe demande le datif : quod puerō accidit.
  • persequī n'est pas cōnsequī : le premier dit l'effort (on poursuit celui qui fuit), le second le résultat (on rattrape). Le livre les met dans la même phrase pour qu'on le voie.
  • paene n'est pas prope, malgré la glose du livre : paene dit un degré (paene mortuus, presque mort), prope dit un lieu (prope mare, près de la mer). L'aide-mémoire est dans le chapitre : paenīnsula, « presque une île » — et non une île voisine.

9. Cinq petits mots qui changent la couleur d'une phrase

haud une négation plus sèche que nōn, et qui porte sur un mot, jamais sur un verbe seul : haud facile
paene presque — du degré
quidem appuie le mot qui précède, et ne se met jamais en tête : carcer quidem clausus est
tamquam comme si — la comparaison irréelle, quand sīcut compare deux choses réelles
vērum un « mais » plus fort que sed : nōn sōlum… vērum etiam…

Et deux conjonctions, plus une préposition :

  • quoniam donne une cause déjà admise (« puisque »), quand quia en donne une neuve.
  • sīn ouvre la seconde branche d'une alternative et ne s'emploie jamais seul : sī… sīn…
  • trāns + accusatif traverse et sort de l'autre côté, quand per parcourt sans sortir.

10. Trois homographes à ne pas confondre

ce chapitre ce que vous connaissiez
līber, lībera, līberum « libre » (ī long, adjectif) — d'où lībertās liber, librī « le livre » (i bref, nom, cap. II) — le e y tombe au génitif
opus, operis « l'ouvrage », tout son tableau opus est « il est besoin » (cap. XIX), qui n'avait qu'une seule forme
vērum « mais » (invariable) vērum, vērī « la vérité » (nom, cap. XV)

11. Le latin nomme encore sa propre forme

gerundium, du verbe gerere « mener, faire » : ce qui est à faire. Après perfectum (cap. XXI) et plūsquamperfectum (cap. XXIV), c'est le troisième mot par lequel la langue se décrit elle-même — et celui-là, le français l'a pris tel quel.

12. Ce que vous rencontrerez sans avoir à le produire

  • L'impératif futur en -tō, une seule fois, à la ligne 81 : Cautus estō!, « sois prudent, et reste-le ». C'est un ordre pour plus tard, quand es! est un ordre pour maintenant. Le livre n'en fait un tableau qu'au capitulum XXXIII, et nos exercices ne vous le demanderont pas.
  • quisquam, « qui que ce soit », qu'Ørberg glose lui-même par ūllus homō. Nous vous donnons à sa place nēmō et ūllus, qui disent la même chose.
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