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Capitulum XXIX

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Grammatica Capitulum XXIX · Nāvigāre necesse est

La fiche du chapitre, hors du parcours : ouvrez-la quand vous en avez besoin, pendant une leçon ou six mois plus tard.

Ce chapitre ne vous donne pas un nouveau tableau : il vous apprend à employer le subjonctif déjà connu pour hésiter, rapporter une question et installer le cadre d'un récit. Il complète aussi trois emplois précis du génitif.

1. La question qui cherche une décision

Une question ordinaire demande un fait :

Quid facis? — Que faites-vous ?

La question délibérative demande quelle conduite choisir :

Quid faciam? — Que dois-je faire ?

Quō eāmus? — Où devons-nous aller ?

Le présent du subjonctif convient à une décision actuelle. Dans un récit passé, l'imparfait porte la même hésitation :

Lūcia sēsē interrogāvit quid faceret. — Lucia se demanda ce qu'elle devait faire.

La question peut rester sans réponse. Sa forme dit l'incertitude, pas l'avenir.

2. De la question directe à la question rapportée

Comparez :

Ubi est nāvis?

Nesciō ubi nāvis sit.

La première phrase pose directement la question. La seconde la place après nesciō : le verbe interrogatif passe au subjonctif.

Même mouvement au passé :

Quis lūmen ostendēbat?

Lūcia quaesīvit quis lūmen ostenderet.

Les mots interrogatifs restent les mêmes : quis, quid, ubi, cūr, quōmodo, utrum… an… C'est la forme du verbe qui signale que la question est devenue une partie d'une autre phrase.

3. cum ne dit pas toujours la même chose

Avec l'indicatif, cum situe un fait présenté comme net ou répété :

Semper gaudeō cum amīcōs videō. — Je me réjouis toujours lorsque je vois mes amis.

Avec le subjonctif, cum pose le cadre du récit ou donne la cause telle que le narrateur la présente :

Cum ventus rapidus esset, piscātōrēs remānsērunt. — Comme le vent était violent, les pêcheurs restèrent.

Regardez le rapport entre les deux propositions. Si cum répond simplement à « quand ? », l'indicatif est naturel. S'il plante le décor ou explique « dans ces circonstances / puisque », le subjonctif devient naturel.

4. Dire combien on estime une chose

Avec aestimāre et facere, quatre génitifs indiquent la valeur attribuée :

latin sens
magnī beaucoup, à grand prix
parvī peu
plūris davantage
minōris moins

Salūtem plūris quam lucrum aestimō. — J'estime la sécurité davantage que le profit.

Ce génitif n'est pas le prix compté en pièces. Il exprime le jugement porté sur la valeur.

5. Accuser quelqu'un de quelque chose

La personne accusée est à l'accusatif ; le motif est au génitif :

Iūdex virum fūrtī accūsat. — Le juge accuse l'homme de vol.

La construction sépare donc clairement qui est visé et de quoi on l'accuse. Dans ce chapitre, fūrtī est le modèle à retenir.

6. nostrum et vestrum : une part dans un groupe

Nēmō nostrum — aucun d'entre nous Quis vestrum? — qui d'entre vous ?

nostrum et vestrum désignent le groupe dont on extrait une part. Ils diffèrent de nostrī et vestrī, employés lorsque le rapport se dirige vers nous ou vous :

amor nostrī — l'amour de nous, l'amour que quelqu'un éprouve pour nous.

La formule la plus sûre à mémoriser est quis vestrum?

7. Les verbes composés

Le chapitre rassemble de nombreux verbes formés d'un préfixe et d'un verbe connu :

  • iacereabicere, adicere ;
  • facereafficere ;
  • licereallicere ;
  • mittereāmittere, permittere ;
  • dūcereredūcere ;
  • rapereēripere, surripere.

Le préfixe précise la direction, mais la voyelle du radical peut changer. Apprenez donc le composé comme un mot entier, avec ses temps primitifs.

8. Trois familles de sens

Ce qui se gagne ou se perd : dīvitiae, lucrum, iactūra, fūrtum, beneficium, maleficium.

Ce qui traverse l'esprit : spēs, fēlīcitās, laetitia, trīstitia, invidia ; les adjectifs fēlīx et maestus décrivent celui qui les éprouve.

Le mouvement et son résultat : appropinquāre, appārēre, remanēre, dēterrēre, permovēre, redūcere.

9. Deux paires à ne pas confondre

nōtus signifie « connu », ignōtus « inconnu ». ignārus décrit non la chose, mais la personne qui ne la connaît pas :

Vir ignārus locī viam ignōtam timet.

fēlīx décrit une personne ou une issue heureuse ; fēlīcitās nomme le bonheur ou la réussite elle-même.

Ce que ce chapitre ne fait pas encore

Une question rapportée portant sur un fait achevé demanderait normalement le subjonctif parfait. Ce temps n'arrive qu'au capitulum XXXII. Ici, les questions rapportées restent donc au présent ou à l'imparfait. Le plus-que-parfait du subjonctif attendra le XXXIII.

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