Ce chapitre ajoute le dernier temps de l'indicatif : le futur antérieur. Son idée est simple : deux actions sont encore à venir, mais l'une sera déjà terminée quand l'autre commencera.
Cum hospes vēnerit, cēna incipiet.
Quand l'hôte sera arrivé, le dîner commencera.
L'arrivée n'est pas passée au moment où vous parlez. Elle est seulement antérieure au début du dîner, qui est lui aussi futur.
1. La forme active
Prenez le radical du parfait, le même que dans parāvī, recēpī ou vēnī, puis ajoutez :
| personne | terminaison | parāre | recipere |
|---|---|---|---|
| je | -erō | parāverō | recēperō |
| vous (sg.) | -eris | parāveris | recēperis |
| il, elle | -erit | parāverit | recēperit |
| nous | -erimus | parāverimus | recēperimus |
| vous (pl.) | -eritis | parāveritis | recēperitis |
| ils, elles | -erint | parāverint | recēperint |
La première personne singulière est la seule en -ō. Toutes les autres commencent par -eri-.
2. Parfait ou futur antérieur ?
Les deux temps partent du même radical, mais ils n'ont pas le même repère.
- Hospes vēnit : l'hôte est arrivé dans le passé.
- Cum hospes vēnerit, cēna incipiet : son arrivée sera accomplie avant un autre fait futur.
Cherchez donc le second futur : incipiet, ferent, cēnābimus. Il vous indique que la forme en -erit regarde elle aussi vers l'avenir.
3. Les mots qui organisent les deux actions
Vous rencontrerez souvent :
- cum : quand ;
- ubi : dès que, quand ;
- postquam : après que.
Ubi cocus carnem coxerit, ministrī eam apportābunt.
La cuisson doit être terminée avant le service. Le latin marque cette relation plus régulièrement que le français courant.
4. Le passif : deux mots visibles
Au passif, le latin assemble le participe parfait et le futur de esse :
| singulier | pluriel | |
|---|---|---|
| masculin | parātus erō | parātī erimus |
| féminin | parāta erit | parātae erunt |
| neutre | parātum erit | parāta erunt |
Ubi cēna parāta erit, convīvae accumbent.
Les deux mots restent séparés. Le premier s'accorde avec ce qui aura été préparé ; le second porte la personne et le futur.
5. singulī, bīnī, ternī
Ces mots ne comptent pas un total. Ils distribuent quelque chose à chaque personne ou à chaque groupe.
- singulī convīvae singula vāsa habent : chaque convive a un récipient ;
- bīnī ministrī veniunt : les serviteurs viennent deux par deux ;
- terna pōcula apportant : ils apportent trois coupes par groupe.
Ils s'emploient surtout au pluriel, parce qu'une distribution suppose plusieurs personnes ou plusieurs groupes.
6. vās : un singulier, un autre pluriel
Au singulier, vās, vāsis suit la troisième déclinaison :
vās · vās · vās · vāsis · vāsī · vāse
Au pluriel, il passe au modèle en -a :
vāsa · vāsa · vāsa · vāsōrum · vāsīs · vāsīs
C'est un véritable changement de modèle, pas une variante graphique.
7. Le vocabulaire du banquet
Les personnes et les lieux : hospes, convīva, cocus, minister, culīna, triclīnium, convīvium.
Les aliments et les saveurs : holus, nux, carō, sal, mel, merum ; dulcis, acerbus, merus.
Les gestes : coquere, gustāre, aspergere, fundere, miscēre, complēre, apportāre.
Le temps du récit : diū, paulisper, prīdem, dēmum.
À retenir
Le futur antérieur ne signifie pas « très loin dans le futur ». Il signifie déjà accompli au moment d'un autre futur. Dans une phrase à deux actions, demandez-vous simplement laquelle doit être terminée pour que l'autre puisse commencer.